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Mon 2ème "Défi Bugiste"

En 2008 j’avais une idée en tête : enchaîner le Défi Bugiste avec la Bicinglette du Ventoux dans la même semaine. Mais comme j’ai une mauvaise vue je n’ai pas de voiture je dois prendre le train. Les problèmes et le coût du transport en train pour se rendre au Ventoux sont trop difficiles à résoudre et j’ai décidé, aussi un peu à cause de congés possibles uniquement la 1ère semaine de juillet de faire donc le Défi Bugiste le 1er juillet et l’étape du tour de France Pau – Hautacam le 6 juillet.

J’ai de la chance car j’ai trouvé une chambre au seul hôtel de Culoz, le Cardinal. Le patron sympa me dit pas de problème pour le « petit déj » car avec les ouvriers en pension il se lève à 4h30. Le soir après un bon repas je pensais dormir mais le bruit d’un repas de fête des profs du collège et la chaleur  m’ont bien gêné. Mardi  matin ma montre sonne 4h, je me prépare, il fait toujours chaud. A 4h30 je suis au petit déj, thé, tartines, + le gâteau que j’ai préparé + 1 banane. Vers 5h je pars et je pointe le carton au coin du Coiffeur juste avant 5h qui sonne à l’église lorsque j’enfourche le vélo déjà mis sur le triple. L’éclairage Princeton Tec, utilisé pour la 1ère fois lors de Luchon-Bayonne est vraiment bien. Comme d’habitude en quittant Culoz de bonne heure je croise plein de chats en vadrouille.

 

Je roule doucement pour profiter de ce spectacle nocturne et au bout de 2km je pose déjà la veste. La 1ère montée est toujours magique, je n’entends que des bruits d’animaux et juste avant le lever du jour il y a un instant où on n’entend même plus  les oiseaux. C’est un mystère de la nature ce moment de silence lors du passage de la nuit au lever du soleil. Ensuite arrivent tous les autres animaux dont je ne vois pas souvent la forme mais juste une ombre. Le croisement de la route d’Anglefort marque la 2è partie de la montée. Les barrières Canadiennes annoncent les vaches qui à cette heure matinale sont souvent en ballade sur la route jusqu’au dessus de l’auberge. Au sommet personne. Je m’habille pour la descente, 2 vestes, gants longs, jambières sont nécessaires.

 

Le pointage à Champagne en Valromey me permet de faire une pause et de visiter un peu les alentours.

La montée vers Brenaz est en partie juste gravillonnée, heureusement pour le col de la Biche la route redevient normale et il fait maintenant très bon pour rouler. Le sommet est au milieu des bois, mais après la petite descente et la longue courbe se présente la rampe pour basculer vers Gigniez. Là virage à droite et par une belle route direction Anglefort, mais là il y a de la circulation. Pointage à l’épicerie, carte postale à la librairie presse et 3 è montée. Par Anglefort la pente est constante, mais assez variée. Ce jour là il y a des travaux, un éboulement,  et une circulation alternée, les ouvriers m’autorisent à passer gentiment. Sur la partie plate dans la forêt je fais une pause casse-croûte, il fait chaud et ç’est bien le moment de prendre des forces. Plein d’oiseaux et d’insectes viennent voir cet intrus dégoulinant de sueur. La fin de cette 3 è montée se fait cool. Et là cette fois j’ai droit à la photo mais on ne voit pas le Mt Blanc pris dans les brumes de chaleur. J’entame la descente par Virieu Le Petit (la pente est là + impressionnante qu’à la montée), Chavorney, Talissieu par le hameau de En Paradis.

 

La fois où j’avais fait mon 1er Défi Bugiste je n’avais pas vu la statue !  A Talissieu aujourd’hui je ne visite pas et je pars direct pour Artemare. Je fais mon pointage au bar des sports, là 2 serveuses très sexy font un service des clients à l’ombre d’une terrasse. Je remplis mes bidons et bois un café qui me permet de mettre du sucre dans un bidon. Là il fait vraiment chaud, et pour revenir sur  Virieu le Petit je fais un arrêt à chaque fontaine ou lavoir pour me rafraîchir. Je  croise un couple de cyclos voyageurs qui ont évité le Grand Colombier ! En fait pour moi c’est la marche d’approche d’Artemare à Virieu le Petit qui est difficile à chaque fois. La montée se faisant dans toute la partie la plus difficile à l’ombre il suffit de ne pas se presser pour arriver au croisement des routes . Là une petite pause pour attaquer la route du sommet et ses rampes d’alpages. Comme je fais pas mal de photos j’ai de nombreuses poses.

Au col cette fois , en pleine chaleur il y a plus de monde. Je m’arrête dans la descente à l’Auberge, pointage, boissons et discussions puis j’entame la belle descente vers Anglefort pour prendre la grande route direction Gigniez.

 

A Gigniez, arrêt à l’épicerie du coin, fruits et 1 Badoit + petit sandwich/jambon et j’attends encore ¼ d’h pour avoir moins chaud. La pente est rude dès le croisement, des travaux, encore, me font faire un petit détour tortueux, et les 3 premiers km sont durs mais c’est très joli. De ce côté la végétation est plus variée , il y a même des buis au-dessus de la station d’eau, surtout dans le petit chemin où je me suis arrêté le matin. Je n’ai pas vu de champignons comestibles. J’ai loupé l’auberge car je regardai un groupe de motards. Après la légère descente avec la rampe du matin, je suis stoppé par les vaches au milieu de la route. J’en profite pour faire une belle photo avec les fleurs et j’arrive à mon 2è col de La Biche.

 

La fraîcheur va arriver si je ne me presse pas trop pour descendre à nouveau vers Brénaz et Champagne en Valromey. Là pointage au panneau pour faire plus simple et direction la 6è montée avec la température qui baisse nettement à l’ombre. Dans la montée, à une petite coulée d’eau 2 énormes blaireaux traversent la route devant moi, un s’arrête en plein milieu et me dévisage. Je ne sais pas qui est le plus surpris, sans doute moi car je n’ai pas eu le temps de le prendre en photo. Cette montée du G Colombier est sans doute la plus facile, mais la route ne rend pas .

La dernière partie de mon 4 è Grand Colombier se termine presque avec le coucher du soleil il est à peu près 21h35. Je prends mon temps au sommet, je m’habille, j’installe à nouveau ma lumière magique, (pour moi un peu mal voyant) et je savoure ma réussite dans cette descente « aux flambeaux » sur Culoz.

Je pointe chez le coiffeur vers 22h. Mon 2è Défi Bugiste est accompli sans trop forcer, avec de nombreuses poses, nécessaires pour faire refroidir le corps du bonhomme et pour savourer + tard avec les photos cette journée magnifique. Ce n’est pas un exploit sportif mais simplement une aventure sportive et en autonomie complète. Ceux qui font la traversée des Alpes ou des Pyrénées avec vélo et bagages sont encore bien plus méritants car ici tout se fait sur une journée avec un minimum de préparation. Merci à Michel Pelissier de nous faire partager sa passion pour le Bugey et ses merveilles « ascensionnelles ».

 

Jacques BALLET - Juillet 2008