Get Adobe Flash player

Une journée pour un "Défi" de "Grand Maître"

Il est 4 h 30 quand Françoise me dépose à Anglefort. Habitants la Haute Savoie, nous sommes partis très tôt, la journée risquant d’être longue. En effet, Françoise, déjà « Maître » de la confrérie, va tenter quatre montées et moi, déjà « Grand Maître » le « Défi Bugiste ».

Je prépare mon vélo, pointe ma carte de route tandis que Françoise file vers le sommet où elle laissera la voiture dont nous avons chacun une clé. Du sommet, elle descendra, en vélo, à Artemare, départ de sa première montée.

Je monte dans la nuit noire avec un éclairage avant et arrière. Cette montée d’Anglefort, réputée comme la plus difficile, est très régulière et me convient parfaitement d’autant que dans la nuit, on ne voit pas la pente. Finalement, c’est très agréable de pédaler la nuit sur une route sans voitures. J’arrive au sommet du Grand Colombier avec le lever du jour, superbe !!!

Après un changement de bidons, c’est le traditionnel pointage de la carte et la non moins traditionnelle photo. Je retire l’éclairage du vélo : il fait suffisamment jour pour descendre en toute sécurité.

Descente rapide sur Artemare, bien couvert car il ne fait pas bien chaud mais le ciel est dégagé ce qui présage une belle journée. Après Virieu, je croise Françoise qui monte vers le sommet et qui a effectué une descente relativement lente après avoir cassé son phare.

A Artemare, je pointe ma carte, me découvre un peu avant d’attaquer la montée. J’aime beaucoup la pente raide à partir de Virieu. C’est la troisième fois que je la grimpe et je n’ai pas encore posé le pied par terre. Il est vrai que j’enroule petit (30-29) mais c’est parfait pour moi. Après Fromentel, je croise deux chevaux qui déambulent sur la route !

Au sommet, je retrouve Françoise. Nous avalons un thé bien chaud et grignotons un peu. Le soleil est là mais le vent aussi alors la température n’est pas très élevée.

Nous allons tous les deux descendre sur Anglefort, Françoise pour sa deuxième montée et moi pour rejoindre Gigniez et le col de la Biche. Autant j’aime la montée d’Anglefort, autant je trouve la descente fatigante.

Anglefort – Gigniez est une formalité mais j’ai trouvé la montée au col de la Biche fastidieuse aujourd’hui alors qu’en juin, quand nous l’avions découverte, je l’avais bien appréciée (peut-être le fait que ce soit la troisième).

Au col, un camion est garé devant la pancarte et je ne peux prendre de photo. La descente est rapide. A Champagne, je m’octroie une petite pause de 15 minutes pour grignoter quelques barres même si la faim ne me tenaille pas.

J’aime beaucoup les villages et la campagne du Bugey, aussi j’apprécie toujours la liaison Champagne – Lochieu comme j’ai apprécié auparavant Brénaz – Champagne.

Cette montée est très irrégulière mais pas trop difficile finalement. A Fromentel, les chevaux se sont mis à l’abri du soleil sous les arbres. Au sommet du Grand Colombier, il n’y a pas grand monde pourtant la vue y est superbe et il fait bon, le soleil chauffe malgré quelques nuages.

Je profite de cette température clémente pour changer de maillot, de cuissard et de chaussettes. Je mange aussi un peu, il faut éviter la fringale. C’est donc refait à neuf que je plonge sur Culoz. Un petit arrêt après la Sapette pour deviser quelques minutes avec Françoise qui remonte au sommet (troisième montée). Elle me prévient qu’il y a pas mal de cailloux sur la route au-dessus de Culoz (mais c’est assez habituel) et qu’il y fait chaud (mais c’est assez habituel aussi à cette heure). Je descends donc prudemment, m’arrête admirer la vallée du Rhône et le lac du Bourget et vais pointer ma carte à Culoz.

C’est vrai qu’il fait chaud au-dessus de Culoz mais c’est fort agréable. Le reste de la montée est très plaisant aussi même s’il s’agit de la cinquième de la journée. Je me sens bien, pas fatigué et j’ai trouvé Françoise bien aussi : nous avons sans doute correctement préparé notre affaire.

Au sommet, il fait carrément un temps estival et la vue est toujours aussi belle. Je change encore de maillot (eh oui, j’aime descendre au sec si cela est possible) et récupère l’éclairage en vue de la dernière descente. Pour l’instant, ce n’est que la cinquième, vers Champagne cette fois.

Un peu au-dessus de Lochieu, les deux roues de mon vélo tutoient un caillou assez gros que je n’avais pas vu, sans conséquence me semble-t-il. Ce qui m’inquiète, c’est que je n’ai pas croisé Françoise qui devrait déjà être au moins arrivée là. Et puis, juste avant Lochieu, ma roue arrière se dégonfle, c’est la crevaison. Arrêt, réparation et arrivée de Françoise qui ne trouvait pas la pancarte à Champagne et qui a du aller au café-bar faire tamponner sa carte de route. Elle y a rencontré des gens fort sympathiques qui l’ont beaucoup questionnée sur ce qu’elle faisait d’où un arrêt plus long.

A Champagne, pause, juste le temps de noter l’heure de passage et en route pour le dernière montée. A Brénaz, je sens venir le « coup de fringale ». Une petite pause, le temps d’avaler deux barres chocolatées. Cette montée au col de la Biche n’est pas très longue, ni très difficile malgré un kilomètre à 11,5 %.

Enfin la dernière descente, mais avec quand même une petite remontée jusqu’à la croix. Le soir tombe très vite et je suis obligé de mettre les lumières. Ma descente est prudente car malgré le phare avant, la visibilité est réduite et on peut difficilement anticiper, de plus il commence à faire froid et c’est avec soulagement que je lis la pancarte « Gigniez ».

Encore cinq kilomètres dans la nuit pour rejoindre Anglefort où m’attend Françoise redescendue du sommet avec la voiture, il est 20 h 45 !

Nous avons tous les deux réussi ! Il ne nous reste plus qu’à rentrer à la maison (une heure de route).

Ce fut une belle journée. Non seulement la réussite est là mais ces routes du Grand Colombier sont si belles et si calmes que c’est un pur plaisir d’y pédaler.

Le Défi Bugiste est un bien beau challenge qui demande quand même un minimum de préparation, des braquets adaptés aux pentes et au cycliste et une bonne motivation.

Le choix du départ à Anglefort me permettait de réaliser trois montées difficiles d’abord (Anglefort, Artemare, Gigniez) et de descendre en fin de journée, avec donc peu de visibilité, par la route la plus large avec un revêtement pas trop mauvais.

Vélos utilisés : Look 465 « elle » et Look KG 461

Sur chaque vélo, un nécessaire de réparation et chacun un petit sac à dos.

Dans la voiture, au sommet du Grand Colombier :

-                    maillots, cuissards, chaussettes et chaussures de rechange

-                    boissons et nourriture

-                    outillage

-                    deux roues de rechange, un pneu, des chambres à air.

 

A tous les cyclos : même si vous ne voulez pas tenter plusieurs montées, allez pédaler sur les routes du Grand Colombier, ce n’est que du bonheur !!!!!

Lionel DAVID -  Septembre 2007