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Le "Défi Bugiste"

En 2003 je n’avais pas pu tenter les 4 faces du Grand Colombier à cause de problèmes d’horaires de train. Cette fois j’ai décidé de faire Le "Défi Bugiste".

Pour limiter, un peu, les frais et les inconvénients du voyage en train, j’ai pris une semaine  de vacances pour pouvoir enchaîner ce défi à l’Ardéchoise 3 jours. Je passe sur les difficultés de traverser la France, et surtout le Massif Central,  en combinant des TER + des grandes lignes, car à la SNCF c’est la destruction du service public en général qui est engagée.

J’arrive donc dès le vendredi soir vers 22h30 à la gare de Culoz. Il faut noter qu’il n’y a plus d’hôtel en week-end à Culoz. Je mets la lampe frontale pour me guider vers le gîte d’étapes Le Cabiolon (chez M. Marquis Daniel 04 79 87 18 90). J’ai déjà un aperçu des difficultés car je dois déjà mettre le triple, surtout avec le sac de guidon + le sac à dos. Après une nuit calme et reposante, rythmée par  une cascade, mes douleurs lombaires et un torticolis (causé par le train et la station assise prolongée qui n’arrange pas ma polyarthrite) m’obligent à aller à la pharmacie pour poser un emplâtre « américain » (graisse de marmotte St Bernard = efficace). En plus ça tient plusieurs jours et c’est « réactivé » sous la douche. Comme j’ai déjà une luxation à l’épaule droite (causée par un chauffard roulant « à gauche à fond » car il faisait une reconnaissance (interdite) du rallye de la porcelaine, à St Léger La Montagne, j’ai été au fossé pour l’éviter de justesse), il est important que je puisse bien pédaler assis.

Le samedi après-midi, je fais une rando décontraction pour me tester et débloquer mon dos, - l’aller/retour à Hauteville - car c’est le départ du Brevet Montagnard du Haut Bugey. J’y rencontre des amis Limousins et Charentais. Du coup, je grimpe le Col de la Lèbe (914m) dans les 2 sens et je trouve des cyclos qui font un brevet organisé par l’armée de l’air. Avec ce très beau temps je sens que mon dos se décoince.

Le samedi soir je me retrouve seul au gîte. Je peux manger dès 19 h et à 20 h je suis au lit au calme, ce sera la clé de la réussite. Dimanche, 4h15, ma montre sonne. Il fait très beau temps. Je déjeune normalement, le « gâteau sport » je le fais moi-même (avant de venir, avec mes ingrédients persos), thé à la menthe, fruits frais (brugnons, bananes). Je pars du gîte vers 5h et je fais mon 1er pointage, à côté du coiffeur, à 5h12. Le ciel est étoilé, surtout vers le sud et sud ouest. Au bout d’1 km je suis déjà obligé d’enlever ma veste tellement il fait chaud. Sur ce versant sud, la chaleur du goudron se maintient toute la nuit. Ma frontale me permet de surprendre des chats rentrant de maraude. Sur les falaises il y a eu plusieurs éboulements dont un plus important protégé et signalé par des panneaux. Les participants du brevet du Bugey devront faire attention car ils descendront par ce côté.

Comme la fois précédente en 2003, je rencontre les vaches en promenade libre dès les premières barrières canadiennes. Au niveau de l’auberge du Grand Colombier le brouillard m’entoure et devient très épais au sommet. En plus il y a du vent assez froid, il est 6h49 quand je pense à pointer au panneau du col. Des campeurs sont blottis dans leurs tentes. Comme le brouillard est vraiment épais, j’attache mon vélo avec mon antivol à un poteau et je vais à pieds au col de Charbemènes. J’en profite pour manger un bout de mon gâteau. Heureusement que j’ai la lampe frontale pour éviter les pièges du chemin (pierres et bouses de vaches) et voir les indications. Je mets une deuxième veste pour la descente + mon baudrier. Je descends doucement (lunettes + brouillard = danger) sur Champagne en Valroney où je rencontre à leur ravitaillement des participants du Brevet du Haut Bugey. Je pointe dans un café vers 8h. Je bois un thé et je finis mon gâteau. J’ai bien traîné à Champagne avec des amis faisant le brevet montagnard.

 

Puis direction le Col de la Biche D123 par Brenaz. Là, près de l’église, plusieurs panneaux et une banderole dénoncent les OGM et autres pesticides qui tuent les abeilles. -Einstein avait dit que si les abeilles disparaissaient la vie sur terre serait en danger rapidement.-

 

 

 

De ce côté le col n’est pas très difficile et j’arrive vers 9h20. Le sommet est en pleine forêt. Je remets la veste manches longues pour la descente vers Corbenod qui s’effectue en 2 parties car il y a 1km à remonter. Personne dans le village, je ne croise encore que quelques chats en vadrouille. Là une belle route, la D992 conduit à Anglefort. J’y croise des cyclistes, dont certains roulent à fond…

Anglefort je descends pointer jusqu’au Tabac-Presse car les dimanches après-midi tous les commerces risquent d’être fermés 10h30. Cette montée est à prendre avec sérieux dès le début. Au lieu-dit Bezonne, vous pouvez prendre de l’eau, les gens sont très sympas. Il fait maintenant très chaud et c’est très bien d’avoir un maillot de club sans manches à ouverture intégrale. Comme il est presque midi, je ne termine pas la montée et je vais directement à l’Auberge, 12h15 quand je passe à table. Je reste presque 2h, service un peu long, mais heureusement discussion avec des motards et des cyclos habitués de l’Ardéchoise. Il y a un passage nuageux et un petit vent frisquet et les gens sont restés à l’intérieur. Je finis cool la montée pour basculer vers Talissieu. Le soleil est revenu et il y a quelques voitures. A Talissieu, en voulant aller voir l’Eglise, je découvre une pompe Esso des années 50 ! En arrivant à Artemare, je pointe au panneau car le Bar Stadium est fermé.

 

15h15. Dès la sortie ça monte, et avec le vent + la chaleur, je m’arrête à Virieu Le Petit pour prendre de l’eau. La dure montée avec le fameux passage de 1.5km à 19%  se passe sans souci, car en grande partie à l’ombre et à l’abri du vent. De plus le 30X26 me permet de rester assis. J’arrive pour la 3è fois au Grand Colombier vers 17h.

J’effectue une descente plus rapide vers Anglefort pour attaquer la 5è montée, donc la 2è du Col de La Biche. De ce côté, c’est plus long et plus dur et je n’arrive que vers 18h40. Les paysages sont plus verdoyants et il y a différentes cultures au fur et à mesure de la montée. Je remarque plusieurs circuits de randos pédestres ou/et VTT. Je ne rencontre que très peu de voitures et 1 seul cyclo qui redescend. Je prend une photo, je mange un peu, gâteau, banane, pâte d’amande. Il fait plus frais au sommet car le bois est assez épais. La descente RD123 me conduit à nouveau à Champagne pour un pointage vers 19h15 au panneau vu ce matin. Je remplis mes bidons pour cette 6è montée. Il fait toujours chaud bien que des nuages cachent un peu le soleil lors de mon passage à Lochieu.

 

Dans cette dernière montée je ne vois personne. Par contre, par moments, c’est un vent assez fort et contraire qui me tient compagnie. Du coup je suis au Grand Colombier qu’à 20h49 sous un grand soleil revenu. J’aperçois le Mont Blanc,  clic photo . Retour et descente sur Culoz en douceur et en évitant les pierres vues le matin. Je peux admirer le panorama invisible le matin à 5h. Je pointe à Culoz à 21h15. En remontant au gîte je découvre une fresque représentant tout le panorama admiré juste avant…

La douche est très bénéfique pour mes vieilles douleurs…Je mange : taboulé, jambon cuit, fruits, yaourt +1 Badoit. Le sommeil arrive très vite…

Le lundi, ciel mitigé mais moins chaud. Je fais un petit tour décontracté dans le Marais de Lavours. C’est une promenade cyclo agréable et facile, un bon repas au restau à Ceyzérieu dans un cadre tranquille (à recommander). J’ai totalement récupéré. Mardi matin, orage, pluie insistante, mais ça permet de récupérer encore plus. Je quitte le gîte (8€ la nuit en 2005 !) direction Culoz la gare, Tain l’Hermitage pour Tournon sur Rhône, puis 36 km en vélo pour aller au Moulin de Bozas car dès jeudi c’est l’Ardéchoise 3 jours (550 km, dénivelé 10000m pour 37 cols).

En conclusion, Le Défi Bugiste c’est possible surtout à allure cyclotouriste. Il faut juste faire attention de prendre son temps, même dans les descentes et les liaisons afin d’attaquer les pentes en bonne condition pour pleinement profiter de ce beau parcours.

Merci Michel Pelissier.

Jacques BALLET - Septembre 2003

Club FFCT Réveil Cyclo Touriste de Limoges.