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Un 18 juin dans le Grand Colombier

(ou l'histoire d'un "record")

Ce sera le 18 juin : Non pas mon allocution sur les ondes mais la tentative de battre le record du nombre de montées du Grand Colombier.
En guise de préparation, je passe le week end précédent avec mon club dans les Alpes de Haute Provence. Au programme, les cols de la Bonnette, de la Lombarde, de la Couillole et de la Cayolle.
Mardi 17, la veille, je passe un test au centre médico sportif de Lyon car je vais servir de cobaye pendant mes trois épreuves de longue haleine auxquelles je vais participer cette année (Grand Colombier, Rata et PBP). On me prête un cardio fréquence mètre qui va faire un enregistrement toutes les minutes. Le soir, je suis en route pour Hauteville, où je possède un pied-à-terre. Je suis accompagné d'Alain, un camarade de club qui a bien voulu m'assister dans cette tentative.

Mercredi 4h du matin, c'est l'heure du réveil. Après une demi-heure de préparation, nous partons pour Artemare, point de départ de la première grimpée. Dans la voiture je mange un peu de gâteau Overstime. A 5h sous un ciel couvert, nous sommes au pied de la montée la plus dure avec un passage à 19% pendant 1km.
5h15, j'enfourche mon Giant Carbone de 7 kilos équipé d'un double plateau compact 48 x 34 et d'une roue libre allant de 12 à 27. Malgré une température peu élevée de 18°, je transpire énormément alors que d'habitude, ce n'est pas le cas. Cela doit être dû à l'atmosphère très humide, laissée par la pluie de la nuit. Tout se passe bien. Dans le passage à 19%, je mets 34 x 27. Mon cœur grimpe à 156 pulsations. Ce sera le maximum pour la journée. Au sommet, j'appuie sur le bouton rouge de mon "pulse" pour avoir le temps intermédiaire, je bois un coup, mange un peu et prends un nouveau bidon. Je descends prudemment sur Culoz car il y a des cailloux sur la route à cause des orages des jours précédents. A 7h, je suis dans une des boulangeries de Culoz pour faire tamponner ma feuille de route.


Petit à petit le temps se dégage grâce au vent du nord qui se lève. 8h20, je suis au sommet et j'appuie à nouveau sur le bouton rouge. Je renouvellerai l'opération, au pied et au sommet de chaque montée. Je bois, je mange, prends un bidon et descends sur Champagne en Valromey. Cette descente a la particularité de remonter sur un petit kilomètre juste avant Champagne.


Après 1h12 d'effort, je suis à nouveau au sommet. Suivant un rituel maintenant bien établi, Alain prend mon vélo, l'adosse à la voiture, je m'assois dans le coffre, mange et bois tout en me reposant 5 minutes environ. Cette fois, je redescends en direction d'Anglefort. J'ai la surprise de croiser mon voisin triathlète, Alain Pétaud, qui lui aussi s'entraîne dur en prévision de l'Ironman d'Embrun. On se serre la main, mais pas le temps de faire de longs discours. A Anglefort, je pointe et la propriétaire du commerce est ébahie lorsque je lui explique ce que je suis en train de faire. Elle doit me prendre pour un fou ! Ça y est, les quatre différentes montées sont facilement effectuées.


Je décide alors pour les suivantes de gravir les plus faciles : Champagne et Culoz. La cinquième sera celle de Champagne. Je me sens très bien. Ce sera la plus rapide. En 1h10 le tour est joué. Je plonge sur Culoz. Dans cette sixième ascension, à mi-pente, j'ai un coup de moins bien. D'ailleurs je mets 4 minutes de plus pour l'escalader. Dans la septième, celle de Champagne, je me sens vraiment très mal, je mets 10 minutes de plus que pour la première fois.

Je décide donc de modifier ma stratégie : Je ferai la descente en voiture pour récupérer davantage et soulager mes pieds qui commencent sérieusement à s'échauffer. Au sommet, on charge donc le vélo dans l'Espace. Direction Champagne pour la quatrième fois. De nouveau sur le vélo, je me rends compte tout de suite que j'ai bien fait. Je mets une dent de moins de partout et gagne 2 minutes sur la montée précédente.


Il est environ 19h30 lorsque j'arrive au sommet. Bien que je n'en aie jamais vraiment douté, à ce moment, je suis sûr de réussir ma tentative. A nouveau, je mets le vélo dans le coffre. 20h à Champagne, je démarre pour ma dernière montée. Je décide de la savourer, si c'est encore possible. Je prends donc mon temps.
21h30, le sommet, ça y est, j'ai battu le record ! Je remercie vivement Alain dont le rôle a été déterminant pour la réussite de cette entreprise. Quant à moi, j'ai la satisfaction d'avoir relevé un nouveau défi.

Je pense que la difficulté de cette épreuve réside plus dans le mental que dans le physique car j'ai fait des choses plus dures physiquement. Mais monter 9 fois le même sommet est vraiment fastidieux…

 

Quelques données chiffrées :
J'ai mangé un gâteau Overstime, un flan entier (diamètre 24 cm), une banane, un kilo de compote de pomme, 2 brugnons.
J'ai bu 9 bidons de 60 cl d'Isostar, complétés à chaque sommet par du Coca et de la Badoit, soit un litre, et un litre de Yop.
J'ai parcouru 263 km à la moyenne de 18,4 km/h (moins 2 descentes).
J'ai pulsé à 111 de moyenne avec un maxi à 156.
Je suis resté 16h20 sur le vélo.
J'ai gravi 10 200 m de dénivelée.

Première montée : Artemare 1h 12' 50"
Deuxième montée : Culoz 1h 19' 23"
Troisième montée : Champagne 1h 11' 58"
Quatrième montée : Anglefort 1h 13' 21"
Cinquième montée : Champagne 1h 09' 25"
Sixième montée : Culoz 1h 23' 22"
Septième montée : Champagne 1h 22' 23"
Huitième montée : Champagne 1h 20' 12"
Neuvième montée : Champagne 1h 29' (env.)

Dominique BRIAND - JUin 2003