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Ca fait du bien là où ça fait mal !

 

Voilà quelques mois, je découvrais, au hasard de mes errances sur la toile, le site de la confrérie des fêlés du colombier et l’irrépressible envie de tenter l’aventure qui va avec.

L’enthousiasme du début fit vite place à l’angoisse de la préparation : je suis monté sur un vélo de course  pour la première fois il y a un an et demi et la merveilleuse région que j’occupe avec ma petite famille n’est pas réputée pour la variété de son relief, mais plus pour son climat propice à l’élevage d’escargot …

Toutefois, le défi était trop beau pour ne pas le relever. Ma préparation, assez courte fut donc concentrée sur les montées des terribles cols environnants : 120 m de dénivelé sur 1,6km !!!Des chiffres à donner le vertige et à envisager sereinement tout col alpin ! Non ? Ah, bon…

Habitant loin du grand colombier, je du prendre mon mal en patience jusqu’au weekend du 20/09, en n’oubliant toutefois pas de prier le dieu météo de m’accorder la clémence d’un temps sans pluie pour l’unique créneau dont je disposais…Hélas, en allumant fébrilement ma télé à l’heure où des millions de français guettent les prévisions de Monsieur météo (ou de mme …) je du me résoudre à la triste vérité : j’allais me payer un temps pourri pour ma tentative.

Tous mes plans étaient donc chamboulés, moi qui espérait faire trois ascensions, je ne me voyais plus du tout passer entre 7 et 8 heures à prendre une douche …en plus j’aurais jamais assez de gel douche ! Je me résolu donc à me lever plus tard et à ne faire « que » deux ascensions.

Samedi matin, lever 8h après une courte nuit du au trajet depuis notre verte Normandie. Petit déj’ exprès en apercevant le temps : il ne pleut pas !!! Malheureusement, il est déjà tard (j’ai encore 1h30 de trajet avant le Colombier) mais je crois encore que trois ascensions sont réalisables…

Arrivée au sommet du colombier où je laisse ma voiture (motivation pour terminer les ascensions…), préparatif et descente vers Artemare où je fais poinçonner ma petite carte. C’est le moment de se lancer (enfin) à l’aventure. Le début me parait très simple, les jambes tournent facilement mais la pression que je me suis mis altère un peu mes capacités respiratoires… Arrivée à Virieu le petit et début des choses sérieuses jusqu’au fameux passage à 19%...et là je pose la question : qui a eu l’idée de faire des montagnes aussi pentues ?! Un groupe de motards sympas s’arrête pour me regarder passer (sacrée patience vu mon incroyable vitesse d’ascension dans ce passage : mon compteur oscille entre 7,5 et 8 Km/h !!) et m’encourage, ça fait du bien et j’arrive à passer ce calvaire au mental. Une petite pose pour récupérer et prendre en photo le fameux panneau « 19% sur 1,5 Km ».

La replat qui suit est le bienvenu et permet d’aborder la difficile dernière partie de l’ascension dans des conditions qui me permettent de préserver ma dignité d’homo vélocipédus. 1 ère ascension en 1h20.

Un ravitaillement léger (sans doute trop) et une pause courte (sans doute trop) et me voilà reparti pour la descente sur Culoz…et le début de la fin… Cette descente a été un calvaire pour mes pauvres petits bras qui tétanisaient à force de freiner sur une route trop glissante pour que je sois à l’aise.

Deuxième poinçonnage de ma petite carte à Culoz et c’est parti pour la deuxième face du jour. Le premier passage à 14% a été terrible, je ne pouvais plus tirer sur les bras et j’avais les pires difficultés à tirer mon modeste braquet…dur, dur…Le colombier a l’immense mérite de nous rappeler à l’humilité et là de l’humilité, j’en avais à revendre…dans ce passage, face à la difficulté que j’éprouvais, un moine cistercien serait passé pour un gros prétentieux comparé à moi ! Une petite pause « pipi » (de 10 min quand même…tous les prétextes sont bons pour récupérer) fut alors la bienvenue !

La fin de cette face, je ne l’ai presque pas vu tant je me concentrai uniquement sur la portion de route immédiatement devant moi…la vue de la première des trois barrières canadiennes m’a heureusement remis du baume au cœur et du « jus » dans les pattes. Arrivé au sommet 1h40 après avoir quitté Culoz, je savais que la troisième ascension tant rêvée n’était plus à l’ordre du jour…il était trop tard et la récupération dont j’avais (un immense) besoin  ne me permettrai pas une troisième tentative.

Je ne suis pas déçu de ne pas avoir atteint mon objectif de trois faces mais heureux et fier d’avoir participé à ce beau, ce très beau défi. Rendez-vous l’an prochain pour une revanche !

 

Cédric FORCADEL  - Septembre 2009