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Le Champagne nous a fait défaut

N’habitant  pas dans une région  montagneuse, et n’ayant pas de côtes assez longues pour s’entraîner à monter des cols, (on y trouve quand même quelques coups de culs), nous avons décidé de passer une semaine à Bourg St Maurice pour faire les cols de la région afin de nous mettre en jambes. Nous mettons à profit cette semaine pour faire les cols de l’Iseran, le Petit st Bernard, le San Carlo par Morgex et re- Petit st Bernard,  le Grand st Bernard, le Cormet de Roselend, et les Arcs 2000, soit  9720 m de dénivelée

Samedi 02 Août : arrivée à PASSIN ou nous avons notre location dans un gîte rural à 3 kilomètres de Champagne en Valromey.

Le Dimanche matin nous partons pour un petit circuit de 60 km nous passons le col de la Lèbe, et de la Rochette. L’après midi nous décidons d’aller au sommet  du grand Colombier en voiture.

A Champagne nous en profitons pour vérifier  si la pince est bien derrière le panneau. Nous prenons  la direction de Virieu  pour nous  rendre compte des fameux pourcentages  " mythiques ", je dois dire que là le moral en a pris un petit coup. L’arrivée au sommet est époustouflante, le temps est dégagé, nous prenons le Mont Blanc et la chaîne des Alpes en pleine face. Je ne crois pas avoir eu une vue aussi magnifique .Nous resterons un bon moment pour en profiter, et faire quelques photos.

Le soir à la Télé la météo  prévoit une belle journée pour le lendemain. Le jour J sera donc pour demain.

Lundi 4 Août départ de Passin à 6h15.Nous allons jusqu’à Virieu en voiture ou nous descendons les vélos de Marie Claude mon épouse et de mon fils Christophe  qui vont à Artemare pour pointer, tandis que je monte  au sommet placer la voiture dans laquelle  nous avons mis le ravitaillement, il fait frisquet, le Mont Blanc est dans les nuages, je m’équipe rapidement pour descendre à vélo vers Artemare en passant par Lochieu. Je croise Marie Claude qui arrive à Virieu, Christophe est déjà passé.

Pointage à la pince de Artemare  à 7h50, la montée à froid  vers Don est laborieuse, je mouline tranquillement en prenant soin de m’échauffer les jambes. Arrivé à Virieu ça va un peu mieux, au carrefour qui  mène au sommet je ne me pose pas de questions je mets tout à gauche et je rentre dans le vif du sujet. Je passe les forts pourcentages tant bien que mal, plutôt mal que bien, soulagement quand j’arrive à la route qui va à Lochieu , je passe l’auberge et attaque la dernière ligne droite. A mi-pente je roule  à gauche de la route à l’abri du talus pour me protéger du vent trois-quarts  face. Au sommet je pointe avec la pince, il est 9 h54.Je m’attendais à voir Marie Claude, elle est déjà partie vers Culoz. La vue est toujours aussi impressionnante même si le Mont Blanc est dans les nuages.

Des Camping caristes viennent me voir pendant que je me ravitaille, et  n’en croient pas leurs oreilles quand je leur annonce le programme de la journée. L’un d’eux me demande mon age et me dit «  chapeau » je lui réponds qu’il faut seulement être un peu fêlé !... mais avant de le devenir vraiment il y a encore du pain sur la planche.  Dans la descente je croise Christophe qui remonte d’Anglefort, il me dit que tout va bien pour lui .Je poursuis la descente direction Culoz, dans les lacets, je croise Marie Claude qui m’informe que tout va bien pour elle aussi, mais que la chaleur commence à devenir pesante.

Pointage à la pince de Culoz 10H39,  et je  repars pour la 2ième montée. Dans les lacets la paroi renvoie la chaleur,  j’ai l’impression de traverser un four .Il est 12 H56 quand j’arrive au sommet,  je n’ai pas croisé Marie Claude qui avait prévu de faire la 3ème montée par Anglefort.

Après un bon ravitaillement et remplissage des bidons je descends vers Anglefort.Je suis rassuré quand Je vois Marie Claude  qui a encore accentué son avance .C’est vrai qu’au sommet j’ai pris mon temps pour me restaurer, ne me sentant pas dans un bon jour je ne voulais surtout pas en plus me prendre un coup de fringale. Pointage à Anglefort à 13H42 toujours avec la pince située derrière le panneau.

C’est avec le soleil de face que j’entame la montée, je bois le plus souvent possible quand la pente le permet, je roule à l’ombre dès que je le peu, au carrefour qui va à Culoz je m’arrête pour manger une pâte de fruit et péniblement je termine la 3ième montée à16H46, mes deux bidons sont vides , il était tant d’arriver,à la voiture je me désaltère avec de l’eau de Badoit qui est resté fraîche malgré les ouvertures répétées de la glacière ,c’est  vrai qu’à 1500 m la température n’est pas la même que dans la vallée   et  j’avais pris la précaution de mettre une bouteille d’eau congelée dans la glacière. Pendant que je me ravitaille j’ai la visite de plusieurs touristes, l’un d’eux est membre du club des cent cols, et nous entamons la conversation sur les cols de la région et bien évidemment sur les  trois montées du jour. La conversation dure un certain temps, peut être trop longtemps car la motivation m’a quittée et je décide d’arrêter .Avant de descendre je prends le panneau du col et mon vélo en photo, ce sera la seule photo de la  journée, j’avais volontairement laissé mon appareil dans la voiture pour m’alléger le plus possible.

A environ 1km avant Lochieu j’aperçois Marie Claude assise sur le coté de la route, elle était partie pour la 4ième montée me dit elle, mais  n’a plus la motivation pour continuer. Je lui propose de m’attendre et de se ravitailler,  pendant que j’irai à Champagne mettre la voiture sur la place de l’église  « je pointe à Champagne et on fait la montée ensemble »,mais rien y fait, je crois que la chaleur,et la fatigue accumulées à eu raison de nous .Je crois aussi que le fait d’avoir gravi chaque face séparément n’a pas  contribué à nous motiver mutuellement mais je suis obligé de constater qu’à chaque montée Marie Claude me prenait  du temps , elle m’avait pourtant donné un avertissement dans le Ventoux au mois de Mai dernier , ou à plusieurs reprises j’avais été obligé de lever le cul de la selle pour rester dans sa roue , mais comme me l’on dit les copains du club « c’est bien fait pour toi, tu l’as bien  chercher, tu as tout fait pour ».

C’est un peu déçu (la décision n’était pas facile à prendre), que nous rentrons à Passin. Christophe est déjà arrivé à   l’appartement,  lui aussi n’a fait que 3 ascensions non pas par manque de motivation, il a cassé un rayon alors qu’il commençait sa 4 ième montée par Culoz .Comme il n’avait pas de  carte de route officielle,  il  a  pris la décision de rentrer à Passin avec la roue arrière voilée

Après une bonne douche et un bon repas, nous faisons l’analyse de la journée ;

Journée positive puisque nous avons quand même gravi les trois faces les plus difficiles, et même s’il a fait très chaud c’était une belle journée, et nous faisons le serment de revenir pour tenter les quatre montées .Le lendemain nous passerons la journée à Aix-les-Bains car nous avons besoin de récupérer, et nous en profitons pour admirer le magnifique lac du Bourget, et visiter la ville.

Les trois jours qui  nous restent  nous permettront de gravir dix huit cols.

Si  « Champagne » nous a fait défaut, de retour à la maison nous nous sommes " remonté le moral "  avec un petit coup de Muscadet et un plateau de fruits de mer.

Bilan de nos deux semaines, 22 nouveaux cols, 18 540 m de dénivelée, l’entrée dans la confrérie des fêlés du Grand Colombier avec trois montées. Ce chalenge nous a permis de découvrir la magnifique région du Bugey, et de faire des rencontres sympathiques.

 

Guy LETOURNEUX - Août 2008