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C'est une belle épreuve...

Je viens de faire mon « Fêlé », et je vous joins un petit résumé de ma journée.

Les préparatifs tout d’abord : C’est 5731km cette année. Comme je n’ai pas de voiture accompagnatrice, deux jours avant je suis allé en voiture déposé mon petit ravitaillement au pied d’un arbre (eau – sucre – gâteaux secs – banane). J’ai préparé deux ravitos, un coté Culoz au lieu dit « la Sapette » et un coté Virieu au Carrefour de la route de Lochieu.

Samedi 9 juin. 5h30.

C’est parti, il fait juste jour. Il ne fait pas froid, je pars en maillot. L’objectif est de faire les 4 montées sans tenir compte du temps, alors je vais « mouliner » toute la journée. Je connais bien coté Virieu, Culoz et Champagne.

A peine sorti d’Artemare, un chevreuil traverse la route devant moi. Avant Virieu, c’est un sanglier qui est sur la route. Il rentre vite fait dans un champ d’orge. Je passe Virieu, la forêt, le gros virage à gauche, le gros pourcentage est là. Je mets tout à gauche (28 à l’avant, 29 à l’arrière) et, en danseuse. Je pédale juste pour garder l’équilibre et éventuellement pour avancer. Je n’ai ni compteur, ni cardio, c’est tout au pif. Je passe super bien ce passage qui me faisait très peur. Il faut dire qu’il y a deux ans j’étais venu depuis chez moi en vélo et je ne m’étais pas ménagé toute la montée. C’est dans ce mur que pour la première fois j’ai du mettre pied à terre dans un col, et j’avais déjà 28X29…

L’affront est levé… A 1km du sommet, les pâturages sont blancs de narcisses. Voilà, la 1ère est faite.

Je pointe tout de suite, il ne faudrait pas oublier. Au bout de 500m de descente : arrêt obligatoire. Une vingtaine de vache a pris possession de la route. Je slalom doucement entre ses drôles de piquets. J’ai décidé de ne prendre aucun risque dans les descentes, alors je laisse descendre. Il est 7h50 quand j’arrive à Anglefort. J’ai rendez-vous à 8h avec mon copain Gérard qui n’est pas très bon grimpeur. Mais qui voudrait faire une montée. Il y a une cabine téléphonique. Je téléphone à ma femme (je dois le faire à chaque descente) et je fais pointer ma carte. Le tampon fait plus chaleureux quand on peut. Gérard arrive et nous partons. Je fais le plein d’eau au petit square, j’y ajoute 10 morceaux de sucre dans chaque bidon. Je fais 2km avec Gérard qui commence à suer, et je le laisse comme prévu. Moi, je mouline et je ne sens aucune fatigue. Je monte sans forcer, il faut durer. Et de 2.

Demi tour. Les vaches sont parties. Après 1km de descente, je retrouve Gérard qui fini. Il est très content, il va faire son Grand Colombier. Pendant la descente sur Culoz, j’ai croisé une bonne vingtaine de cyclos éparpillés qui mintaient apparemment fort. Pas de chance, je crève à l’avant à l’entrée de Culoz. Il me reste une chambre mais je préfère aller en acheter une. Il faut mieux prévenir que guérir. Pointage, téléphone, et ça repart. En voilà la moitié de fait. Il commence à faire chaud. Je retrouve Gérard qui m’attends sur un banc d’ où il domine Culoz. Je mange une banane et nous repartons chacun de notre coté. Je ne vais pas vite mais je double quand même une dizaine de marcheurs dans les lacets de la falaise. Inutile de dire que j’ai tout à gauche, mais je monte assis tranquille.

Le faux plat et l’ombre sont les bienvenus. Des bûcherons coupent du bois juste à coté de la route après la route d’Anglefort. Ils me font passer avant d’abattre l’arbre sur la route… J’attaque la grande ligne droite à forts pourcentages et je me rends compte d’un seul coup que ça commence à être dur. Au lieu dit « la Sapette » je retrouve mon ravito. 10mn d’arrêt et ça repart. Encore un petit effort et ça fait 3.

Le moral est bon au sommet. Le soleil est caché et il fait à peine chaud. La descente sur Lochieu se passe bien. Je pointe et je téléphone à Champagne. Il fait chaud mais il y a des nuages d’orage. Arrêt obligatoire à la fontaine de Lochieu ou il y a une pleine bassine de salade qui dégorge. A l’entrée de la forêt, le pourcentage augmente. Même en me ménageant depuis le début, la fatigue commence à se faire sentir mais le moral est bon. Je lis sur un panneau qu’il y a des « Sapins Présidents », merci pour l’ombre qu’ils me font. Voilà le carrefour de Virieu, je saute mon ravito, je m’arrêterais en redescendant. Le plus dur est fait… Les narcisses sont toujours là. La dernière ligne droite. 5 motards me doublent « plein gaz ». Moi aussi je suis « plein gaz » mais ça va moins vite. Je vire à gauche. Je passe la ligne, et , pour le plaisir, je retourne pointer à la pancarte.

L’année dernière à la même époque, j’étais « Galérien du Ventoux », cette année, je suis « Fêlé du Grand Colombier » et fier de l’être.

C’est une belle épreuve, mais beaucoup peuvent le faire à la seule condition de bien doser dés la première montée.

Je suis fatigué, c’est sur, mais pas « mort ».

Respectons ces montagnes qui nous font souffrir mais que nous aimons tant.

Michel MARTIN  -  Juin 2007