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Le Grand Colombier: récit

C'est sur Internet que j'ai découvert et connu le club des " Félés du Grand Colombier "; et avec un ami (un autre Pélissier) nous avons l'idée de réaliser l'ascension des 4 faces du Grand Colombier (où du moins essayer). Les pourcentages impressionnants nous fascinent et nous inquiètent, mon ami, finalement renonce et je décide seul de tenter l'expérience. Le jour retenu fut le 9 septembre 04.

Accompagné de mon épouse, je quitte Menton (dans les Alpes Maritimes) début septembre direction Artemare, et j'en profite, en cours de route pour faire quelques cols afin de me mettre dans l'ambiance. Col de la Lombarde (au départ de St Sauveur sur Tinée, 1860m de dénivelé dans des décors superbes surtout dans la descente côté italien). Col de l'Arche (sans trop d'intérêt). Le mont COLOMBIS (au départ de Remollon, près de 1100m de dénivelé pour 12km et en prime un magnifique panorama au sommet) et enfin un col démentiel, le COL du PARPAILLON (au départ d'Embrun, 1860m de dénivelé dont les 9 derniers à près de 11% de moyenne sur une piste forestière en cailloux et bien défoncée, réalisable uniquement en VTT; le mien, loué à Embrun pesait 14kilos) Je conseille vivement aux " Fêlés " cette escalade peu ordinaire. Le 8, la veille du départ pour la grande aventure et avant d'arriver à Artemare, il est presque 14heures, j'ai un petit creux et me laisse tenter par un petit restaurant sympa proposant un menu unique, feuilleté au poisson---porc sauce moutarde aux champignons---gratin de poireaux---fromages et desserts?? erreur de gamin. Le soir à l'Hôtel, ça sera pâtes-jambon, mais c'est trop tard; résultat, une mauvaise nuit et des jambes lourdes au petit matin du départ. Mais pas question de remettre d'une journée, la météo annoncée pour le lendemain n'est pas très sûre.

Donc, le 9 comme prévu, DEPART d'Artemare à 7h après un petit déjeuner plateau préparé avec soin par Mme Michallet pour la première ascension (celle avec les % les plus impressionnants). Il fait frais, le ciel est bien bleu et, mis à part le repas de la veille, tout va bien. Je m'échauffe tranquillement jusque Virieu le Petit afin d'attaquer les choses sérieuses au mieux. Plutôt impressionnante et fatigante cette longue côte qui semble ne jamais finir, surtout les1500m à 19% et je me mets déjà à penser qu'il faut faire 4 ascensions?? Les derniers km sont moins difficiles mais bien pentus quand même, enfin le sommet et la longue descente vers Culoz avec beaucoup de pierres sur la route, prudence de rigueur. Une de faite...

Après un bon café et deux tranches de pain d'épices au restaurant Le Cardinal où je fais pointer ma carte de route, je repars de CULOZ pour la deuxième ascension, là, les jambes vont mieux, la première partie n'est pas très pentue, ça se corse juste après la jonction avec la route venant d'Anglefort (plusieurs km à 14%). Je décide de mettre petit braquet (30 x 23) pour monter relaxe et ne pas puiser dans mes réserves, la suite me donnera raison. Je passe donc le sommet sans problème après avoir pointé à l'auberge du Grand Colombier où j'ai reçu un accueil très sympa. Descente vers Champagne par Lochieu; il faut préciser qu'ici une côte vient s'ajouter au programme juste avant Champagne, pas très pentue, mais quand même. Deux de faites....

A 14h, après un bon déjeuner pique-nique avec mon épouse qui m'attendait et avec ses encouragements, je repars de Champagne pour la troisième grimpette, la plus facile, ou plutôt la moins difficile. Sans doute, suis-je parti un peu vite, j'essuie un gros coup de pompe dans les derniers km après le croisement avec la route venant de Virieu. Coup au moral, je téléphone à mon épouse au sommet pour lui dire de me retrouver à Anglefort, le doute s'installe? Je n'avais jamais auparavant monter plus de deux grands cols dans la journée. Descente fatigante jusqu ' à Anglefort. Mais trois de faites....

L'auberge d'Anglefort étant fermée, je trouve de l'eau et quelques biscuits au bureau de tabac juste à côté, patronne sympa qui tamponne ma carte et m'encourage chaleureusement, et je reprends la 4ème après un petit moment de repos. A mon grand étonnement tout semble aller mieux, mon épouse me retrouve aussitôt et me confectionne un bon sandwich jambon/gruyère que je déguste avec plaisir avec quelques abricots secs et une Badoit. Cette dernière montée, la plus forte en % moyen se passe finalement très bien, je reste petit braquet par crainte d'un nouveau coup de pompe et pédale en souplesse. Mon adorable épouse m'attend au sommet pour la photo souvenir, un petit sprint pour la frime et c'est gagné, je n'en reviens pas, je suis maintenant un " Fêlé " du Grand Colombier! Quel moment de bonheur et de fierté pour un petit bonhomme de 54 ans qui a commencé le vélo depuis quelques années seulement. Descente très tranquille jusqu' Artemare, les quatre montées son faites et presque un petit regret que ce soit déjà fini. Peut-être prend-t-on finalement plaisir dans la douleur?

Je tiens aussi à préciser le bon accueil que nous avons reçu à l'Hôtel Michallet à Artemare où nous sommes restés deux nuits dans un cadre chaleureux et magnifique pour un prix correct. Adresse à retenir. Je retournerai au grand Colombier pour y refaire quelques montées avec des amis cyclistes ou pour le pot des " Fêlés " que vous organisez, mais peut-être pas pour 4 ascensions? Le Bugey est une belle région et mérite le détour.

Merci à Michel Pélissier et à son équipe pour cette initiative qui en plus du défi sportif permet de passer une journée formidable.

André BLONDEAU -Septembre 2004