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J'en resterais donc là pour cette fois.

 

Voilà ce qui devait constituer le point d'orgue de cette semaine.


Aujourd'hui un seul col, mais pas des moindres: Le Grand Colombier. Certains le considèrent comme le plus dure de France. Ce col peux être monté de plusieurs façons différentes. En fait les 2 accès au col peuvent se subdiviser en 2 routes possibles sur chaque versant, soit 4 façons différentes de le monter. Quelle que soit la route empruntée, il faudra au minimum se frotter à du 14 ou 19%.


Le défi du jour, va donc consister à monter ce col par le plus grand nombre de routes possibles, afin de rentrer dans la "Confrérie des
Fêlés du Grand Colombier".


15 jours avant de partir, j'avais effectué la demande de la petite carte qui permet d'homologuer son entrée dans la confrérie (qu'on m'a d'ailleurs retourné 2/3 jours après l'envoi de mon courrier). Le principe est simple, une fois la carte en sa pocession, plusieurs options permettent de valider les différentes montées: par poinçonnage (pince de type course d'orientation aux départs), par tamponnage chez les commerçants, par photos, ou encore par le relevé altimétrique du compteur.
Pour être sûre de l'homologation, je vais faire ceinture et bretelle, en enregistrant le profile sur mon compteur, mais en apposant aussi sur ma carte les différents points de contrôle.


Je me lève donc assez tôt, et me rends à Culoz, qui est un des départs situé au milieu des 3 autres, et me permettra de repasser à la voiture pour effectuer les ravitaillements. Il est à peine plus de 8:00, mais le thermomètre de la voiture affiche déjà 20°C. D'après la météo, cette journée était présentée comme une belle journée, mais au final elle s'apparentra plus à une très chaude journée d'été.


Pour ma première montée, j'ai choisi celle au départ d'Artemarre, réputée la plus difficile. Depuis Culoz, les 7/8 kms pour rejoindre Artemarre me serviront de mise en jambe. J'arrive au village et poinçonne ma carte avec la pince située au dos de la pancarte de départ, et note l'heure de départ.
Me voila donc parti pour cette première montée, les premiers kms sont à découverts mais ne sont pas très durs, il fait déjà très chaud. Un rapide calcul me laisse à penser que pour atteindre le dénivelé attendu, la fin risque d'être terrible!

J'arrive à Virieu Le Petit, et prends l'accès à droite, la route qui est surnommée la "directissime", qui permet l'accès au col par la route la plus courte mais aussi la plus raide. Et effectivement, on ne tarde pas à voir le compteur afficher du 10%, et progressivement plus encore. J'arrive dans la portion la plus difficile, déjà 12 à 13% sur mon compteur, et 2 gars me doublent peu avant la passage dantesque à 19% sur 400m. Je suis équipé d'un plateau compact (le triple étant à juste titre fort recommandé pour ce type de passage). Ma cadence n'est plus que de 40 tours/mn, et croyez-moi 400 m c'est très long à ce régime. 200 m après le début de cette portion, je double un des 2 gars qui m'avait passé précédemment, il a mis pied à terre. Il est dit, et je veux bien le croire, qu'il est impossible de repartir lorsqu'on s'arrête ici, et qu'on doit finir à pied. Je pense que c'est ce qui a du arriver pour ce cycliste, parce qu'il aura disparu de mon sillage. Je me dis que le travail effectué en force sur mon Home Trainer à cette cadence m'aura probablement sauver la mise.


J'en fini avec cette portion, mais je retrouve des pourcentages à 12/13% qui font encore mal. En fait sur 4.5 kms, la moyenne de cette section sera tout de même de 12%, heureusement tout se passe en forêt, et l'ombre est un allié précieux. Peu avant d'arriver au sommet, le cycliste qui avait coincé précédemment, me rejoint et nous atteignons le col ensemble.


Le temps de prendre quelques photos, manger un peu, et je prends la descente pour retourner à Culoz. Je profite de la descente pour étudier les pourcentages de ce que j'aurais à remonter juste après. Passé la zone boisée, ce coté est splendide, et j'ai le privilège de le descendre par un magnifique ciel bleu. La partie en bord de falaise offre une superbe vue sur le Rhône en contre-bas et les monts environnants. La pente à cet endroit, ainsi que la série de virages très courts, me ramènent cependant à la réalité, et il faudra rester prudent et garder un oeil sur la route.

J'arrive à Culoz, et m'arrête à ma voiture. Il me faudra faire 2 montées successives (l'autre étant située à l'opposé), alors je prends suffisamment en boisson et barres énergétiques.


Au départ de la route, je ne vois pas la pancarte avec la pince, mais j'aperçoit l'Office de Tourisme non loin de là, je m'y rends pour faire apposer un tampon sur ma carte.

Et c'est parti pour une seconde montée. Les premiers kms permettent de se remettre dans le rythme, et arrivé sur la partie en bord de falaise, je retrouve les pourcentages supérieurs à 10% auxquels je m'attendais. Arrivé aux abords des premiers rochers, la différence de température est très nette. Il est près de midi, et les rochers restituent la chaleur, on se croirait dans un four. Je continue la montée à mon rythme, double un premier cycliste au passage. Je suis ruisselant de sueur, et bois en conséquence. Je dégouline tellement, que la sueur me coule à présent dans un oeil, et me brûle, au point que je dois finir la montée de cette portion difficile en fermant l'oeil. Je sais qu'après on reprends une portion d'ombre, où la pente est un peu moins sévère, je décide donc de continuer la montée jusqu'à cette zone, mais ça me semblera interminable. J'atteinds la forêt, m'arrête le temps de m'essuyer l'oeil et le visage et je repars. La fin sera plus ombragée, avec toujours de bons pourcentages. Vers la fin du col, on retrouve au sol les inscriptions faites il y a un an, lors du dernier passage du Tour par ce versant, classé HC, et où Thomas Vockler avait brillamment remporté l'étape et conquis le maillot à pois.


Avec cette deuxième montée, j'ai à présent un pied dans la confrérie, en ayant réalisé les 2 principales montées par les versants est et ouest. Le timing est correct et j'ai encore le temps d'effectuer la montée d'un à 2 versants.


Je redescends vers Lochieu, puis Champagne d'où démarre la 3ème montée. Même si les forts pourcentages y sont bien présents par endroit, ce coté semble plus facile que les 2 autres, avec quelques zones moins pentues qui permettront de récupérer. Par contre, il y aura assez peu de zones d'ombres par ce coté, et lorsque je vois mon compteur afficher 35°C, je me dis que je vais souffrir. En passant à Lochieu, je repère une fontaine, et j'en profite pour remplir un bidon d'eau fraiche.


J'arrive à Champagne, et repère la pancarte de départ et m'apprète à poinçonner, lorsqu'un couple de  normands situés dans un camping car juste à coté m'aperçoit et viens discuter avec moi. Ils sont forts sympathiques et comme moi passionnés de vélo. Ils ont choisi d'attendre le lendemain pour effectuer le défi eux-aussi, étant donné la chaleur, mais le réaliseront en VTT. Ils sont admiratifs de voir que j'ai pu passer le passage à 19% avec mon compact. Nous passons de nombreuses minutes à discuter des différentes montées du Grand Colombier, ainsi que des autres cols de la région, et j'aurais pu discuter avec eux encore bien des heures, c'est toujours agréable de rencontrer des gens qui partagent la même passion. Ils me proposent de quoi manger et je leur réponds en plaisantant qu'un moteur électrique me serait plus utile. Un coup d'oeil à mon compteur, en plein soleil, il fait à présent 42°C! Je poinçonne et repars pour cette 3eme montée.


Jusqu'à Lochieu, la pente n'est pas trop forte, avec même une partie descendante. Finalement, je remplis un second bidon en passant près de la fontaine de Lochieu, ca ne me sera pas inutile étant donné la chaleur. Je continue la montée, j'ai débranché le cerveau, le rythme est moins soutenu, mais je m'accroche dès que la pente reprends les 10%. A 4kms du sommet, je me dis qu'une petite pause sera la bienvenue, et je prends le temps de souffler 5 mn à l'ombre, avant d'en finir avec la montée.


Je retrouve vers la fin la route provenant d'Artemarre, qui est commune à cette montée, et sais que les derniers kms restent soutenus, mais je fini sans lacher prise.


Il est 16:00, et je n'aurais finalement pas perdu trop de temps dans cette dernière montée. J'ai encore le temps de redescendre et de remonter par Anglefort. J'ai encore un peu de jus dans les jambes, mais je sais que ce sera difficile, la chaleur n'ayant pas arrangé les choses. Je me dis que lorsque je serais à la Marmotte, il me restera l'équivalent de l'Alpe d'Huez à monter et que je m'y sentirais encore capable de passer les premières rampes, et de mouliner tranquillement dans les derniers kilomètres à 7/8 %.


J'en resterais donc là pour cette fois, déjà très heureux d'avoir effectué 3 bels montées, et de pouvoir ainsi rejoindre la confrérie des
Fêlés du Grand Colombier, au rang de "Maître". Et puis voilà, effectuer les 4 montées sera un nouveau défi et une nouvelle motivation, pour revenir dans la région, et monter de nouveau ce col si fascinant.

Daniel LANCELOT le 13 juin 2013