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UN TOUR MAL BOUCLE

 

En 2010 j’avais fait 4 montées du Grand Colombier pour devenir grand Maître félés.
Ce titre je trouve me convenait à merveille.
J’avais trouvé cela dur, mais finalement à la portée de pas mal de cyclistes un peu entrainés et motivés.
Par contre le défi Bugiste me paraissait un challenge beaucoup plus relevé.
Je décidais donc de le relever.
L’an dernier je n’ai pas pu consacrer beaucoup de temps au vélo.
Malgré tout j’ai tenté ma chance. La météo ne me laissa pas le loisir de savoir si j’avais l’étoffe du défi.
J’ai grimpé 2 fois le grand Colombier (Anglefort + Artemare ) sous un crachin que je pensais bientôt voir s’arrêter. Puis ce fût le col de la Biche sous le déluge, si bien qu’à la barrière canadienne je fis demi-tour abandonnant mes ambitions et le défi.
Cette année autre musique, je me suis préparé aux petits oignons, malgré la météo, j’ai 3000km au compteur ce matin quand j’enfourche mon vélo au pied de la montée d’Anglefort.
J’ai choisi la date du 16 juin car nous sommes proches du jour le plus long, et j’aurais bien besoin de tout ça pour arriver au bout du chemin.
Grace à mon Iphone qui permet de m’auto photographier je fige l’instant du départ sur un fichier Jpeg. Il est 6h30 je commence ma première ascension.
Mon objectif est de m’économiser, malgré la pente raide j’arrive à monter en dedans, les sensations sont bonnes, mais je sais que cela ne veut rien dire car la journée sera longue.
Une heure trente-cinq minutes plus tard je suis au sommet. C’est le seul temps que j’aurais précisément car mon compteur ne marche plus et je l’utilise comme, montre, thermomètre et altimètre.
Une photo et 2 barres de céréales plus tard je plonge sur Artemare. Rien à signaler, quand j’arrive devant le panneau un vététiste équipé d’un VTT à pneus fin se lance à l’assaut du géant du Bugey.
Moi je me grignote une petite cuisse de poulet et une banane (eh oui j’ai faim) je me couche à nouveau sur la pellicule et me voilà reparti.
Après Virieu le petit, je dépasse le Vététiste, dans le grand raidard je dépasse 2 cyclistes que je recroiserais plus tard.
Je pense avoir mis 1 h45’ la montée c’est bien passé mais le raidard dans la forêt m’a paru long.
C’est à ce moment où j’ai décidé de ne pas enchainer avec le col de la Biche, mais plutôt de faire le Grand colombier par Culoz. Je me dis que en cas d’orages de fin d’après-midi (plus ou moins prévu par la météo je serais mieux sur le col de la biche.)
Arrivé au sommet même rituel puis descente sur Culoz, ou là aussi je renouvelle cuisse de poulet et banane avant d’affronter pour la troisième fois Le GC.
Cela ne se passe pas mal, j’ai en tête les images du tour de l’Ain et notamment celles de la montée de Moncoutier qui avait su gérer les première rampes en dedans avant d’imposer sa loi au final.
Soudainement la plante des pieds me brule, je desserre un peu les chaussures et grâce au replat dans la forêt, la douleur disparait et une fois de plus GC est vaincu.
Arrivé au sommet je quémande de l’eau à des marcheurs, j’accompli les rituels habituels et je plonge sur Anglefort.
Vers la fin de la descente j’ai comme l’impression de rentrer dans un four. En guise de récompense j’avais imaginé un coca plus un café..
L’auberge est fermée c’est là que la tournure des événements se complique.
Je pars en direction de la Biche avec seulement de l’eau chaude à boire, la température est de 39°C, je sais maintenant pourquoi j’ai eu mal aux pieds.
Malgré tout j’avale les premières rampes raides du col de la biche sans encombres, mais environ 3 km plus loin c’est la panne sèche.
J’ai mal aux pieds (brulures de la plante) j’ai soif je suis sans énergie.
Une C4 Citroën me double, 500 m plus loin elle est arrêtée au bord de la route capot ouvert.
En surchauffe !! Ça me rassure je ne suis pas le seul à souffrir, ce qui me fait avancer c’est le coca et les 2 cafés que je vais commander sur la place du Village de Champagne.
Arrivé au sommet c’est une fois encore la même chanson, puis direct sur Champagne.
Chose promise chose due à Champagne c’est café Coca. A la fontaine devant l’église je me lave le visage et les bras, je plonge les pieds dans l’eau jusqu’à les sentir calmés par le frais breuvage.
Puis je pars à l’assaut une quatrième fois du grand colombier, tout se passe aussi bien que lors de la première ascension, je suis bondissant comme un cabri jusqu’à----------------jusqu’à 1,2 km du sommet environ.
Probablement que j’ai dû consommer toute l’énergie emmagasinée dans les 2 cafés sucrés et le coca, et je ressemble de nouveau à un de ces nombreux escargots que j’ai croisés lors de la première montée.
Mais je finis par arriver au sommet, je suis écoeuré je n’arrive pas à manger, mais j’ai une bonne recette, alors demi-tour direction Champagne.
Quoique il arrive je vais finir positivement car il reste seulement 8 km à 10% environ, le reste est plus cool alors je passerais toujours.
Toujours, pas si sûr car le ciel se charge de nuages noirs, peu avant d’arriver à Champagne il pluviote,
Alors j’oublie ma potion magique (café Coca) et je me lance à l’attaque du col de la biche.
Arrivé à Brenaz j’entends 2 paysans qui discutent entre eux, l’un des deux dit ça y est l’orage est là.
Trois minutes plus tard je prends un acompte de la douche du soir, il fait chaud, l’eau n’est pas si désagréable que ça, mais la pente devient raide et en danseuse la roue arrière patine.
Je monte au courage car je n’ai plus beaucoup de force, mais comme je sais que l’hallali est proche j’avance.
Le sommet est là, je fais mon antépénultième photo. Attention, il s’agit d’un faux col après une petite descente il faut à nouveau monter d’un km.
C’est ce que je fais non sans difficulté, puis je dévale le col de la Biche.
Plutôt je descends debout sur les freins, car la route glisse, le manque de luminosité rend la visibilité difficile, mes réflexes sont amoindris, mes mains sont encore plus fatiguées que mes jambes à force de monter debout et de freiner presque constamment dans les descentes particulièrement pentues elles aussi.
Sur le faux plat descendant final je retrouve des sensations agréables. C’est à 20 h30 que je fais ma dernière photo au pied de la montée d’Anglefort.
La boucle est bouclée voilà le doux sentiment qui m’envahi.
Le lendemain j’enverrai mes photos et un descriptif rapide de mon parcours à Michel Pelissier.
Réponse ‘’ Votre défi ne peut pas être homologué, car contrairement aux Fêlés il y a un sens imposé pour faire les cols’’.
Me voilà pris au piège du bon élève qui a mal lu l’énoncé du problème, qui a fait du bon boulot certes mais hors sujet.
Rassurez-vous je suis admissible au redoublement, alors a va barder et comme pour les fêlés la troisième fois sera la bonne.
Distance parcourue 208km ----7043 m dénivelé positif.

 

Christian PEYROT le 16 juin 2013