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Le 1001ème Fêlé du Grand Colombier !

Cinglé du Ventoux en 2010 puis Baron du Soulor l’an dernier, me voilà désormais fêlé du Grand Colombier. Oh çà n’a pas été une simple formalité ! En ce matin du 20 août, je suis prêt pour mes trois escalades dès cinq heures, il ne fait pas encore clair mais j’ai prévu mon éclairage… il vaut mieux en effet ne pas trop traîner  car la météo a annoncé la veille des températures au-delà des 40 ° en début d’après-midi et il fait déjà près de 20° !!!

Je m’élance de Culoz au bord du Rhône pour ma première montée du Grand Colombier avec un passage à 14%. Il fait nuit noire et malgré mon éclairage de qualité je ne vois pas la pente devant moi… mais je la sens bien et même par moment trop bien ! Il fait bon , je m’économise et finalement j’atteins le sommet au lever du soleil, et pas trop éprouvé. Je sollicite deux camping-caristes  pour immortaliser cette première ascension. J’aurai même droit à une découverte commentée du magnifique panorama sur les Alpes au-delà du Rhône. Puis c’est la descente vertigineuse sur Artemare, il vaut mieux avoir de bons freins. En bas de la descente je m’offre un petit déjeuner et j’en profite pour faire tamponner ma carte de route.

Vers les 8 h00 moins le quart je repars vers le sommet pour la seconde fois. Les premiers kilomètres à environ 5 % ne sont  pas trop difficiles à négocier mais je continue de m’économiser car je sais ce qui m’attends. Après 7 kilomètres la route s’élève assez brusquement :  un kilomètre s’annonce sur la pancarte à 7, 5 % de moyenne, puis un autre à 11.5 et le suivant à 12 , puis 14 dont un passage à  plus de 20 %....mais là je dois avouer que c’est trop ! Alors que mon compteur affiche 8, puis 7 puis 6 km/heure je dois me résoudre à mettre pied à terre…. Non sans avoir vérifié que personne ne me voit. D’ailleurs çà n’aurait rien changé ! Après environ 400 mètres je remonte sur le vélo et termine sagement cette deuxième ascension. Au sommet personne pour faire une seconde photo. Je décide de prendre mon vélo appuyé sur la pancarte ‘’Col du Grand Colombier 1501 m’’. Après tout il mérite bien quelques égards lui-aussi !

Après un peu de ravitaillement et quelques minutes de récupération  j’entame la descente vers Champagne en Valromey. Comme lors de la précédente descente j’essaie de mémoriser les passages les plus pentus. Ce sera toujours utile au retour. A Champagne, je me restaure encore un peu et n’oublie pas le deuxième contrôle de la journée avant de repartir pour ma dernière ascension.

Il est près de 11 h00 et il fait déjà chaud, mais je sais aussi que je vais monter essentiellement en forêt. Plus que 19 km… et le début est assez facile, enfin pour quelqu’un qui démarre sa journée, ce qui n’est pas mon cas et je ne suis plus du tout aussi fringant qu’au départ de Culoz ce matin. J’ai vite l’impression de rouler avec une charge de plus en plus lourde. Les passages les plus pentus sont négociés à l’arraché. Heureusement l’ombre des arbres de la forêt me protège des ardents rayons du soleil. Je fais une première petite pause pour récupérer car j’ai remarqué tout à l’heure que les derniers kilomètres  sont à découvert. Il va faire très chaud. Je gère pour le mieux : fatigue grandissante, pente à plus de 10 % sur les deux derniers kilomètres et soleil de plus en plus agressif ! En effet on va dépasser les trente degrés et il n’est pas encore treize heures  quand j’atteins le sommet pour la troisième fois. Ouf j’ai réussi…. mais faut être fêlé quand même pour s’embarquer dans pareille galère ! J’apprécie quelques minutes de récupération avant de solliciter deux cyclos hollandais pour la photo de la troisième ascension. Je descends ensuite vers l’Auberge du Grand Colombier à un kilomètre plus bas où je fais tamponner ma carte, me réhydrate avec un bon demi et me restaure. Puis c’est la descente prudente vers Culoz. Malgré la fatigue, j’apprécie le paysage magnifique qui se découvre au détour de certains virages sur la vallée du Rhône. Je croise quelques cyclos qui entament la montée, ruisselants de sueur . Est-ce bien prudent ? Le thermomètre dépasse maintenant les 38 ° J’ai bien fait de partir tôt.

Dans la vallée, je termine mon périple par un dernier tampon à Culoz et un dernier demi que j’estime bien mérité pauvre fêlé que je suis devenu !


20 août 2012

Jacques-Henri Padiolleau

des Cyclos-Randonneurs du Marais de Challans  Vendée