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Pour marquer le coup.

13 mai - le 26 janvier dernier, je venais d'avoir 40 ans et j'ai accepté le fait d'avoir déjà vécu la première moitié de ma vie... gulp ! Pas de regrets, il s'est passé plein de choses bonnes et moins bonnes... pour attaquer l'autre moitié, il fallait un évènement pour marquer le coup et je me suis dit que le défi des Félés du Grand Colombier allait être une bonne occasion !

Le Col du Grand Colombier - 1501 m, une des montées les plus dures de France, sûrement dans un TOP 5 et assurément PREMIERE si l'on gravit ses... 4 routes !

2 FACES :

- EST avec 2 routes :
> Culoz
18,3 km / D+ 1262 m / 6,9%
> Anglefort
15,7 km / D+ 1251 m / 8%

- OUEST avec 2 routes :
> Artemare
15,9 km / D+ 1251 m / 7,9%
> Champagne
19,2 km / D+ 1042 m / 6,8%

Des chiffres à donner cauchemars et migraines à tous cyclos !

Pour ma part, je savais que je m'étais embarqué dans un truc énorme mais mon expérience pouvait m'aider à relever ce beau challenge.

Au cours de ma préparation, j'ai étudié les profils. Ils étaient monstrueux, j'avais du mal à les croire réels, je les ai même refait pour m'assurer qu'ils étaient bons. A quelques petites différences près, mes profils correspondaient à ceux proposés par la Confrérie des Félés du Grand Colombier et l'appel était sans équivoque : les passages à 14% et 19% étaient bien présents !

Je décidais bien sûr de choisir l'objectif maximal du défi des Félés du Grand Colombier : celui de Grand Maître qui consiste donc à grimper les 4 versants !

J'ai choisi cependant de ne pas m'astreindre à un entraînement spécifique, n'ayant pratiquement grimper que "mes bosses" depuis le début de l'année (env. 17000 de D+) et réaliser le défi X'TREM du Challeng'Afrique, courage et ténacité étant les 2 clefs qui permettraient de réaliser ce défi.

Mon père se proposait spontanément de m'accompagner pour cette journée, non pas en vélo bien que son dernier fait d'arme a été l'Alpe d'Huez à presque 62 ans ! Ayant bientôt atteint un âge vénérable, il a passé la main mais c'est avec un énorme plaisir qu'il a décidé de participer à l'aventure du fiston ! Son soutien et ses encouragements m'ont été bénéfiques tout au long de la journée.

Avec une certaine impatience, je fixais une date pour cette mi-mai, ne voulant pas subir les grosses chaleurs des mois d'été.

La météo a été très fluctuante ces premiers mois de cette année 2012. Tous les cyclos auront noté que le temps tournait plus souvent au froid sibérien, à la pluie, au vent, rarement au beau... j'avais fixé la journée au samedi 12 mai mais gagné : pluie au programme. Météo France annonce beau temps pour dimanche... ce sera donc le 13 mai même si je perdais le bénéfice de pouvoir me reposer le lendemain, ce sera boulot le lundi !

Le jour est arrivé, debout 4h45 du mat ! Ouch, dur d'autant que je n'ai pas très bien dormi, vous savez, ce truc qu'on cogite toute la nuit sans vraiment trouver le sommeil...

Douchette, un jus d'orange, le pique-nique à ranger dans la glacière, le reste ayant été chargé soigneusement la veille dans la voiture.

Je passe prendre mon père puis direction l'autoroute du Sud pour réaliser le trajet jusqu'à Artemare...

Nous perdons un peu de temps en nous trompant de sortie... nous avons joints Artemare par le Nord via la D31 et le Col de la Cheminée.
De multiples cols bien connus des cyclos du coin se dessinent à droite et à gauche : Cuvillat, Richemont, Vallorse, Rochette, Biche (le petit frère du Colombier), Lèbe etc... Pas de regrets, cela nous a valu de découvrir des paysages superbes et surtout l'imposante face Ouest du Grand Colombier dans toute sa splendeur.

ARTEMARE

Arrivée à Artemarre vers 8h15. Le soleil est radieux, la température est douce, copieux petit déjeuner et préparation tenue et vélo pour être fin prêt à démarrer à 8h45. L'heure est tardive... cela allait-il être suffisant au niveau du temps pour pouvoir faire les 4 montées ?

J'arrête de me poser des questions, c'est qu'il fallait commencer par la montée la plus difficile : Artemare - le Cauchemar - et ses 3,7 km à 13% de moyenne dont un final incroyable de 400 m à 19% !!!

Poinçonnage de la carte au panneau puis attaque directe sur les côteaux d'Artemare (alt. 245 m). Echauffement en douceur avec un joli 6,5% jusqu'à Don. Mais rien de bien méchant, la pente se faisant même plus douce dans la traversée du village. Juste avant d'entrer dans le village de Pont, la route bifurque à droite (D69). La direction du Grand Colombier est très bien indiquée. Ce dernier est masqué par un relief. 3,2 km à 6,5% depuis Artemare.

La route file agréablement - on est redescendu à 3,5% sur 1,6 km - au milieu de la campagne. Le Grand Colombier apparaît telle une immense masse noire ! Pfiou, je me rends compte que la bête est imposante !

La pente reprend du poil de la bête - 6/6,5% durant 1,4 km - au passage de Munet. Un nouveau replat à 4,5% sur 700 m en traversant Virieu-le-Petit. Jusque-là tout s'est bien passé, je me sens dans un bonne forme et je n'ai pas trop gaspillé d'énergie. Près de 7 km depuis Artemare, il en reste 8,4 jusqu'au sommet mais le plat va être copieux : 863 m de D+ à 10,5% !!!

A Virieu-le-Petit (alt. 635 m), je laisse la fameuse "directissime" bien connue des Félés, un raccourci qui propose un passage à 20% !!! Heu, c'est que j'ai un défi à faire donc je vais gentiment prendre la voie normale. Un panneau indique que le Col est ouvert (il a ouvert - il y a seulement une petite quinzaine - le 1er mai). La route se fait plus étroite et plus rugueuse et se cabre d'entrée à 8,5% sur 500 m puis repasse à 7% sur 200 m en enroulant un lacet à gauche (alt. 691 m).

Une épingle à gauche permet de voir la "directissime" qui rejoint la voie normale puis la route file dans une épaisse forêt de sapin et propose désormais une déclivité rarement vue en France :
- en entrée, 800 m à 10,5%,
- en plat, 400 m à 13,5%,
- en fromage, 1 km à 12%,
- en dessert, 1,5 km à 15% !!!

MONSTRUEUX, j'ai le souvenir au travers d'une trouée dans les sapins d'avoir aperçu Virieu-le-Petit pareil à une boîte d'allumette, c'est dire l'altitude prise en si peu de kilomètre.
ENCORE PLUS DINGUE, la DDE ne s'est embarrassée d'aucun problème lorsqu'elle a construit la route : le final du passage à 15% consiste à environ 400 m à 19% !!! Pour ma part, j'ai mis tout à gauche, trouvé un ryhtme constant, zigzagué un peu, prié pour que je ne cale pas (il aurait fallu finir à pied), accepté volontiers les encouragements des quelques touristes en voiture puis attendu que l'enfer finisse...

Le Grand Colombier est une montagne qui se respecte mais elle sait se montrer généreuse envers les cyclos courageux qui veulent la défier. En effet, la route daigne décliner progressivement pour déboucher sur un endroit magnique : le Col de la Selle (alt. 1175 m). La forêt fait une pause et on a une vue sublime sur la vallée du Valromey à l'Ouest. On peut aussi voir la route qui vient de Champagne-en-Valromey que je devrais normalement empruntée en dernier...

Un groupe de motards fait une pause et m'adresse un petit encouragement. Mon père me demande si ça va bien... tout va bien, je roule sur un replat à 2% ! Mais je ne prends pas le temps de m'arrêter, le boulot... La pente est toujours douce aux alentours des Granges de Fromentel et de sa fontaine (c'est le seul point d'eau disponible dans le Grand Colombier) - 1,1 km à 2%.

La route s'engouffre à nouveau dans la forêt et se cabre à nouveau : 12,5% sur 800 m, une jolie piqûre de rappel ! La température a chûtée soudainement, ça caille, j'enfile un coupe-vent, les derniers contreforts du Grand Colombier apparaîssent et sont... dans les nuages ! Plus de soleil, une belle purée de pois et un vent énorme s'est invité dans la partie !

La route débouche au milieu des alpages, gros vent de face, la pente est repassée à 8,5% sur 1,1 km, je franchis les fameuses barrières canadiennes, le moral est un peu en berne, je ne vais pas avoir droit au fabuleux points de vue qu'offre le Grand Colombier.

De plus, j'aperçois plus haut (c'est même incroyablement haut), la route qui monte vers le sommet, je comprends maintenant pourquoi cela a du en déprimer plus d'un à la vue de ce final dantesque : 1,1 km à 10% !!! Mais j'aurais un peu de chance, je vais bénéficier du vent arrière pour finir tranquillement d'autant que je me sens en bonne forme. J'arrive au sommet du Col du Grand Colombier après 1h55 environ d'effort intense. Dans le brouillard et le froid (il ne devait pas faire plus de 5°C). Il y avait encore une plaque de neige non loin du panneau.

Une fois de plus, l'IGN et la DDE ne ce sont pas mis d'accord pour l'altitude : 1498 m pour l'IGN, 1501 m pour la DDE, cette dernière étant plus clinquante (ben ça fait plus de 1500 m mais le cyclo qui vient de se coltiner l'une des montées ne ce souciera point des 3 mètres d'écart !).

Une scène assez surréaliste se déroulait au Col : un stand diffusait une musique sonore pour accueillir en fait une sorte de course cycliste qui arrivait à l'instant de l'autre versant (en fait, le Conseil général de l'Ain et le Syndicat mixte des Pays du Bugey souhaitaient profiter du passage du "Tour de France" pour développer le cyclisme au Grand Colombier - je croyais que c'était uniquement réservé aux fêlés ! - les deux routes d'accès du versant est du Grand Colombier (Culoz et Anglefort) seront dorénavant réservée aux vélos une  fois par mois entre mi-mai et mi-septembre). Cela allait bouleverser un peu mon programme, le site des Félés du Grand Colombier avait pourtant indiqué qu'il y avait une fermeture de la route - le versant Culoz - entre mi-mai et mi-septembre mais je n'avais pas retenu que celle de mai était justement le 13 mai !

C'est que mon père qui m'accompagnait et profitait en même temps de la balade touristique allait se retrouver bloquer plus de 2 heures le temps que je fasse la montée par Culoz !

Avant cela, photo souvenir et poinçonnage de la carte au panneau. Le froid est sibérien et je redescends frigorifié les premiers hectomètres jusqu'à la route menant à l'auberge du Grand Colombier. Une barrière interdit définitivement l'accès vers Culoz. Je gamberge un peu, cela m'interdisait tous secours en cas de défaillance (pour l'anecdote, j'avais oublié mon portable !). Un petit café, je décide d'opter pour Anglefort qui est un peu plus court que Culoz...

CULOZ

"J'abandonne" mon père qui m'attendra malheureusement plus de 2h00 le temps que je remonte. Le timing n'était pas très bon d'autant que la barrière a été en fait enlevée 1/2 heure plus tard car les derniers cyclos avaient finis leur ascension (ben oui, ils étaient bien une cinquantaine mais ils ne faisaient "qu"une seule ascension" !). Mon père a hésité à me rejoindre après cela car il ne savait plus quel côté j'avais choisi et il a bien fait car j'avais changé mon fusil d'épaule...

Au cours de ma descente, je croisais donc les derniers cyclos - bien fatigués - qui faisaient la montée de Culoz. Sans le savoir, j'ai aussi croisé Michel Pelissier - Président de la Confrérie des Fêlés - qui me l'a fait savoir dans un gentil mot qui accompagnait mon diplôme de... Je constatais que le final n'allait pas être trop douloureux car il y avait un replat... mais après... une pente infernale...

Descente tout de même prudente, la route est mauvaise, ça secoue et les muscles sont tendus car il y de nombreuses pierres coupantes au milieu de la chaussée. Le soleil revient, la chaleur aussi... je me souviens que la montée vers Culoz est un four l'après-midi selon les indications que j'avais recueillies... c'est au croisement avec la route d'Anglefort que je décidais de plutôt faire la montée par Culoz.

La forêt disparaît et là c'est un choc visuel : un panorama à couper le souffle sur le lac du Bourget et le Rhône. Culoz semble minuscule tout en contrebas. J'emprunte une route incroyable et vertigineuse, taillée dans la roche ! Tous freins debout, je descends tout doucement pour profiter de la superbe vue.

Culoz (alt. 237 m), 11h45 ! Le lieu est désert. La matinée a filée à une vitesse d'enfer, c'est là que je me suis dit que le temps allait jouer contre moi et m'enpêcher de faire les 4 faces... Bon, je traîne pas trop, poinçonnage et c'est reparti.

Ca va, la chaleur est supportable. Je profite du moindre bout d'ombre avant d'affronter le passage de la falaise. La pente n'est pas trop dure avec 1,3 km qui passe progressivement de 5 à 6,5%. En attaquant la sortie du village, la route se cabre à 8,5% sur 800 m puis en remet une couche avec 11% sur 700 m, on prend alors vite fait de l'altitude (alt. 460 m) mais le spectacle est magnifique sur Culoz en contrebas et le Lac du Bourget derrière. S'ensuit un passage chauffé à blanc par la roche mais la pente reste supportable avec 1,9 km à 7,5%.

Ensuite, la route va empruntée une série de lacets très serrés... mais il faut s'accrocher : 1,9 km à 11% ! Les jambes commencent à devenir bien dures... Puis comme dans la montée d'Artemare, le Grand Colombier m'offre un replat apaisant : 2,2 km à 4% qui me permettent de bien m'alimenter, boire et profiter de l'ombre bienveillante de la forêt qui recouvre à nouveau la route.

Peu après le croisement avec la route d'Anglefort, la pente se cabre à nouveau (700 m à7,5%) et les choses se compliquent à nouveau : un passage de 2,6 km à 10% qui va s'avérer très long car mon clinomètre a grimpé plusieurs fois aux alentours des 12/13% ! Je souffre un peu mais la volonté est au beau fixe. Dans mes pensées, je m'amuse de constater que l'homme construit des choses incroyables comme ses routes qui jalonnent le Grand Colombier !

Aux abords du lieu-dit de la Sapette (une route en cul-de-sac mène au point de vue du Fenestré), la pente se radoucit et Le Grand Colombier donne une nouvelle offrande avec un replat de 2 km qui passe de 5 à 3%. Il y a même quelques mètres de descente ! Je me dis que tout va bien car je viens de faire le plus dur pour cette seconde montée.

Lorsque l'on franchit la première barrière canadienne de ce versant, les alpages réapparaîssent ainsi que les difficultés : 1 km à 7%. Mauvaises nouvelles, des crampes aux cuisses menaçent de me mordre ! Non, non pas ça ! Je respire à fond, boie abondament, me mets en danseuse pour détendre les muscles douloureux, avale rapidement une pâte de fruit et l'orage passe temporairement...

J'aperçois le Berlingo au bas de la route de l'auberge et rejoints mon père qui m'avait patiemment attendu. Je fais une pause, rebois un gros coup, enfile à nouveau mon coupe-vent car la température et le vent était toujours de la partie sauf les nuages qui avaient filés. Bonne nouvelle, je pouvais enfin découvrir la partie sommitale du Col mais seulement une partie du paysage car de nombreux nuages s'accrochaient sur les massifs alpins.

Allez je reprends, il reste à peu près 2,5 km à 6%, rien de bien méchant, je double un impressionnant rocher surmonté d'un affreux pylonne électrique mais la fatigue est bien présente et une crampe me foudroie à 500 m de l'arrivée ! Ouargh, je respire profondément et remonte sur mon destrier pour finir les 500 derniers qui sont terribles car la déclivité est passée à 9/10%. Avec le vent de face, je franchis le Col du Grand Colombier pour la seconde fois de la journée !

Je suis tout de même content d'autant que mon père, qui a eu le temps de lire le règlement et consulter la documentation que j'avais préparés, m'annonce avec fièreté qu'avec ces 2 ascensions, j'étais devenu Membre de la Confrérie des Félés du Grand Colombier !

Poinçonnage et nouvelle photo souvenir au panneau, il est 14h - 2h15 pour cette 2ème ascension... je prenais donc la décision de revoir mon objectif à la baisse, ce sera 3 ascensions et seulement le rang de Maître mais avec les honneurs puisque que je terminerais par celle d'Anglefort, une des ascensions les plus dures de France au pourcentage moyen avec ses 10 premiers kilomètres à 9% de moyenne !

ANGLEFORT

Je me posais quand même plein de questions, j'étais quand même déjà bien cramé et je redoutais les crampes... allez c'est reparti pour la descente vers Anglefort cette fois-ci pour pique-niquer. Une nouvelle fois, la descente n'est pas de tout repos, les nombreux virages et la forte pente m'obligent à serrer sans cesse les freins, je fais même un arrêt pour soulager les doigts engourdis.

J'ai eu le temps de constater qu'il n'y avait pas un mètre de plat dans la dernière partie avant Anglefort...

Arrivée à Anglefort, nous trouvons une table de pique-nique non loin du point de départ. Il est 15h et nous attaquons avec plaisir notre repas. J'avais prévu une bonne salade de pâtes pour recharger les batteries ! Il y avait du soleil mais un vent fort et assez frais soufflait en permanence dans la vallée. Pas très reposant d'autant qu'après 3 petits quarts d'heure de pause, il fallait repartir... tous les muscles étaient douloureux !

15h45, nouveau départ d'Anglefort. Mais je m'arrête 2 fois au cours du premier kilomètre, une fois car j'avais oublié de prendre pâtes de fruit et barres céréales et une seconde fois car je m'étais habillé trop chaudement et il faisait une chaleur d'enfer sur les premières pentes de ce versant exposé au soleil.

Les 500 premiers mètres sont à 3% puis la déclivité grimpe à 7,5% sur les 350 suivants, ce qui m'a permis de pouvoir rechauffer toute la mécanique avant d'aborder les passages suivants :
- 650 m à 10,5%
- 2,3 km à 9%
- 300 m à 8,5% (un replat !)
- 500 m à 9,5%
- 1,3 km à 11,5%
- 500 m à 13 %

Au vu de ces chiffres incroyables mais hélas bien réels, mon corps commençait à souffrir 1000 martyrs !

A l'approche du croisement avec la route de Culoz, la pente redescend légèrement à 7,5% sur 700 m mais l'acalmie est de courte durée, il faut remettre ça avec la partie - que je connais déjà - de 2,6 km à 10%. Bah, je sais plus trop où j'en suis et je m'occupe de mes crampes qui menaçent de revenir !

Après un long calvaire, j'accueille le replat de "la Sapette" comme une délivrance. Mais la fatigue est très présente, mon dos est en compote, les os de mes genoux menacent de rompre, mon coup de pédale est misérable sur cette faible pente. Je rentre les épaules, l'arrivée est pour bientôt...

La barrière canadienne une nouvelle fois, les alpages, et là suprême récompense : les Alpes et le Mont Blanc sont là pour fêter l'arrivée de ma troisième ascension. Revigoré, je termine tranquillement... devant ce panorama magnifique.

2h30 pour cette 3ème ascension mais je suis en paix avec moi-même, le rang de Maître me convient parfaitement avec 85 km, 7h30 de selle et 3769 m de dénivelé. Il était 18h15, j'en avais assez fait pour aujourd'hui ! La descente vers Champagne puis la longue remontée (18,8 km) m'auraient fait finir ce défi vers les 21h30, mon corps me disait stop, je sais l'écouter et je ne voulais pas trop risquer ma santé, il fallait aussi rentrer, c'était dimanche et demain il fallait aller au boulot lequel me demande d'être performant.

Mon père et moi, nous nous félicitons pour cette belle journée. Merci Papa pour m'avoir encouragé tout le long de ce défi. Nous restons un petit moment à regarder le sommet du Mont-Blanc qui traverse quelques nuages. Le panorama est majestueux.

Puis descente tranquille vers Culoz que mon père découvrait donc, un nouvel arrêt pour profiter du panorama sur le Lac du Bourget puis un autre à Culoz afin de se débarbouiller (à l'eau froide !) et mettre des vêtements secs.

Nous reprenons la route cette fois-ci direction Ambérieu-en-Bugey. Cette région du Bugey, que je ne connaissais pas, est magnifique.

Autoroute puis les contreforts du Bugey disparaissent dans le rétro. Je suis déjà nostalgique des montagnes que je ne pense pas revoir pour cette année...

Arrivée 23h à la maison, une douche rapide, un coucou à mon épouse et je m'effondre dans un bon sommeil réparateur !

Au moment où je finis d'écrire cet article, 15 jours ce sont déjà écoulés. Je garde un excellent souvenir de cette incroyable journée. Contrairement à ce que je redoutais, j'ai très bien récupéré et dès le début de la semaine, je me sentais prêt à reprendre le vélo. Le jeudi, j'ai fait une sortie de plat (quand même, il fallait finir de digérer le dénivelé !) et je volais sur le grand plateau !

Avec le recul, j'aurais quand même tenté le 4ème versant si j'avais eu le temps... Est-ce que je retenterais ce défi pour atteindre le rang de Grand Maître ? Sûrement dans 10 ans (pour les 50 ans !), l'âge moyen d'un Fêlé est de 47 ans, le timing sera presque bon si tout va bien. La connaissance des 3 routes (celle de Champagne restera mystérieuse...) sera un atout non négligeable. Je camperais sûrement depuis la veille au pied du Grand Colombier pour éviter la fatigue du voyage et surtout pour pouvoir partir plus tôt. Je m'astreindrais aussi à un petit régime pour perdre quelques kilos qui pèsent beaucoup dans ces ascensions hors normes ! Je prévoirais aussi travail des abdos et des dorsaux pour transférer une partie du travail des mollets et des cuisses et éviter les crampes. Bref une préparation digne de ce nom pour affronter avec respect cette formidable montagne ! Enthousiasme et volonté seront sans aucun doute au RDV ! A bientôt Grand Colombier !

 

Joris LESUEUR – 13/05/2012